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Alerte : Un réseau de faussaires gangrène la filière de l'eau en sachets au Sénégal  (Par Maham Ba coordonnateur du Collectif des acteurs d'eau en sachet, section Saint-Louis)


Rédigé par leral.net le Mardi 12 Mai 2026 à 13:24 | | 0 commentaire(s)|

[Au Sénégal, l’eau en sachet s’est imposée comme un produit de consommation courante, notamment dans les zones urbaines et périurbaines. Accessible, peu coûteuse et facile à distribuer, elle répond à un besoin essentiel : l’accès à l’eau potable. Cependant, la multiplication rapide des usines de conditionnement soulève de nombreuses inquiétudes, notamment sur les plans sanitaire, environnemental et économique. 
Ainsi, depuis l’avènement de la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020, encadrant l’usage du plastique, l’état a suspendu la délivrance des autorisations FRA permettant l'implantation d'une usine d'eau en sachets. 

Toutefois, cette mesure semble rencontrer des difficultés dans sa mise en œuvre, dans la mesure où, ces unités de production d’eau continuent à se multiplier. En effet, il est apparu qu’un réseau de malfaiteurs a envahi la filière. Ces faussaires, dont le modus operandi manifeste et sans équivoque est la vente de FRA falsifiées, documents scannés avec imitation de signatures réelles ou fictives, comme celles de chefs de divisions de commerce n'étant plus en fonction, se frottent les mains en multipliant stratégies de manipulation. Le prix d’un faux FRA s’élève entre quatre cent mille (400.000) et  un million (1000.000) de francs CFA. Des copies de FRA doublées voire triplées circulent à travers l’étendue du territoire national. A cela s’ajoute les usines d’eau implantées sans aucun document  administratif  ou juridique légal. Le plus inquiétant est que tout ceci est bâti sous fond de complicité avec certains responsables véreux et corrompus de l'administration. 

Dans la mouvance de lutter contre ce fléau qui gangrène la filière de l'eau avec des conséquences insoupçonnées sur la santé publique, un comité de suivi avait été mis sur pied. L’action de ce comité, composé des acteurs de l'eau, en phase avec la règlementation en vigueur, a été soutenue par certaines autorités administratives et de nos forces de défense et de sécurité qui n’ont ménagé aucun effort pour s’opposer à ce phénomène.

A ce propos, les remerciements sont de vigueur à l’endroit de  la section de recherches de Saint-Louis, dirigée par le Lieutenant-Colonel Abdoulaye Mbodj NDIAYE. Ce vaillant officier et ses hommes ont démantelé un réseau d'usines clandestines d'eau à travers les régions du Nord, de Louga à Matam, en passant par Saint Louis. Cerise sur le gâteau, des victoires judiciaires ont vu le jour dans les tribunaux de Matam et Saint Louis, où les malfaiteurs ont été poursuivis, arrêtés, jugés et condamnés à des peines et amendes selon leurs degrés de responsabilité. Ce sont d'ailleurs plus de sept dizaines de machines ensacheuses d'eau  qui ont été saisies, confisquées par les dits tribunaux et des amendes allant de cinq cent mille francs CFA à un million de francs CFA. 

Cependant, si au niveau des juridictions de grandes Instances de Matam et Saint Louis, les sanctions ont été dissuasives, il n'en est pas le cas pour le tribunal de grande Instance de Louga, qui, à travers le verdict de ses deux audiences, concernant les trafiquants  d'eau a restitué la trentaine de machines d'eau saisies par la Section de Recherches de Saint Louis, en infligeant aux délinquants des amendes dérisoires de cent mille francs CFA assortis d' un mois de sursis pour des gens qui jouent avec la santé de braves citoyens.

Le plus étrange dans la situation décrite à Louga,  est que le collectif des acteurs d'eau, a fait appel qui n’a malheureusement connu aucune suite contre ces verdicts qui encouragent davantage ces malfaiteurs. La justice peut-elle fermer les yeux face des faits de faux et usage de faux, d'escroquerie, de contrevérités ou même de corruption  déguisée, et promouvoir l’impunité, au détriment la santé publique ?

A ce propos, le collectif des acteurs d'eau en sachets, au Sénégal (CAES) tire la sonnette d'alarme pour attirer l'attention des pouvoirs publics d'une part et des usagers - consommateurs, d'autre part, sur l'existence d'un réseau de voyous, en prolifération dans ce secteur névralgique. 

Le collectif ne ménagera aucun effort pour que les clandestins, les faussaires, et leurs complices, tapis dans l'ombre soient traqués jusqu'à leur dernier retranchement, punis à la hauteur de leurs délits voire crimes, comme il se doit, dans un état de droit comme le Sénégal. Que la justice soit rendue pour tous et le collectif des acteurs d'eau du Sénégal en général. 

C'est l'occasion de réitérer les félicitations et remerciements aux dirigeants de la direction du commerce, le haut commandement de la Gendarmerie nationale, en général et en particulier, la Section de Recherches de Saint-Louis en la personne du Lieutenant-colonel Abdoulaye Mbodj NDIAYE et son équipe qui traquent les malfaiteurs dans tous les domaines confondus et impulse les brigades territoriales locales. Bravo à ce colonel,  le Sénégal a besoin des hommes comme lui. 

Il est à louer le pragmatisme et le professionnalisme des autorités judiciaires des tribunaux de grandes Instances de Matam et de Saint-Louis pour ne pas avoir rendu vains les efforts fournis par les enquêteurs dans le cadre de cette lutte contre la délinquance.  

Le collectif remercie également les autorités administratives, les associations en règle autour de la filière d'eau, les professionnels et travailleurs de ce secteur névralgique, pour qu'ensemble, tous unis, nous combattions, avec la dernière énergie, les clandestins de la filière de l'eau, au grand bonheur des populations. 

Aux contrevenants, le collectif lance un signal fort pour leur dire la lutte continue, pour faire respecter les lois et règlements en vigueur dans ce secteur, mettre fin à la justice à deux vitesses, et à l'ère du deux poids, deux mesures, dans un état de droit tel que le Sénégal. 

L'eau n'est pas seulement la source de vie, comme on a l'habitude de le dire, mais elle est seulement la vie.

Un grand merci aussi au président du CAES MOCTAR SALL, pour son combat continu pour l'amélioration du secteur. 


Adama Sall  (Saint-Louis)

Mame Fatou Kebe